Histoire d'une imprimerie....

L'imprimerie Saint-Martin est fondée en 1891 par les moines bénédictins de l'abbaye de Ligugé qui doivent émigrer lors de l'adoption de la loi de 1901 sur la séparation de l' Eglise et de l'État. En 1906, Eugène Aubin qui avait participé à la fondation de l'entreprise en fait l'acquisition sous le nom de imprimerie Eugène-Aubin.

A partir de 1917-1918, ses fils, Raymond et Paul, travaillent beaucoup avec de jeunes « futurs grands éditeurs ». Ils participent également à la création de La Vie spirituelle, revue mensuelle éditée par les dominicains, puis à la fondation des Éditions du Cerf ainsi qu'à celle de deux autres revues La Vie intellectuelle puis La Revue des jeunes.

En 1929, abandon des locaux de l'abbaye et construction, à Ligugé, de nouveaux ateliers pour l'imprimerie EugèneAubin-et-Fils. Les principaux clients de l'entreprise sont les maisons d'édition religieuse et les éditeurs de littérature générale. C'est en 1939 que l'entreprise investit dans une presse à retiration spécialisée (128 pages à la feuille) pour l'impression d'une jeune collection de romans policiers « Le Masque ». La guerre arrête le projet.

Après la Seconde Guerre mondiale, création de l'imprimerie Offset-Aubin, filiale de l'imprimerie Aubin.

C'est en 1948 que Dominique Aubin rachète l'imprimerie lithographique Naudeau-Redon à Poitiers. Cette entreprise est spécialisée dans l'impression des étiquettes de parfums de luxe et des images de communion solennelle. La lithographie va se convertir à l'offset...

De 1955 à 1965, les deux sites proches l'un de l'autre se développent en parallèle : la typographie - composition, impression, façonnage - à Ligugé et l'offset - photogravure et impression à Poitiers.

A partir de 1970 et jusqu'en 1975, abandon de la typographie : le matériel (14 linotypes et 8 presses de format 93 x 128), est remplacé par des machines offset noir et couleur.

En 1975, Philippe Aubin succède à son père Paul Aubin. En 1980 l'entreprise acquiert son premier système de photocomposition et met en place un système informatisé de la gestion. C'est à cette époque que la société affiche son ambition Aubin : imprimeur de tous les livres. Pour réaliser cet objectif, l'imprimeur met en service une rotative offset à format variable construite en collaboration avec Chambon, le dernier constructeur français de presses à imprimer situé à Orléans.

Les années 1980 sont une période de gros investissements dans le matériel d'impression : acquisition des deux premières Timson et d'une rotative 4 couleurs avec sécheur. L'entreprise ne néglige pas la finition en investissant également dans une vernisseuse UV, chaîne d'encartage et chaîne de routage. Progressivement l'imprimeur développe des marchés d'imprimés autres que le livre : cartographie, périodiques, catalogues industriels, imprimés de surface de conditionnement pour devenir Aubin : producteur de tous les imprimés.

Depuis 1990, les investissements progressent -de l'ordre de 13 % du chiffre d'affaires annuel - dans différents domaines. D'abord la composition avec la création de la société Sagma (80 personnes) à Casablanca qui' assure en 1997 la saisie de 500 millions de signes, le balisage, le transcodage et l'ensemble des opérations de compogravure avec une chaîne de numérisation et de traitement des images à haute productivité. Toujours dans le prépresse, l'imprimerie s'équipe en système CTP (Computer to plate) noir et quadrichromie. En presse, elle investit dans les machines feuilles, deux grands formats (presses 120 x 160) KBA Planeta à 4 et 6 groupes robotisés et de haute roductivité et une KBA Planeta (100 x 140) 4 groupes. On procède à la même démarche dans les rotatives : début 1998, une roto (unique en Europe), 128 pages, 2 bandes noir ou 2 couleurs pour la production industrielle de livres; en 1999 une presse similaire mais dans un format complémentaire et également une rotative quadri haute vitesse. Pour la finition, amélioration des chaînes de brochage et achat d'une nouvelle chaîne de brochage en sans couture.

Cette imprimerie produit sur quatre sites (Ligugé et Poitiers pour la production de la chaîne graphique complète, Casablanca pour la saisie des textes, Montrouge pour les activités commerciales) et réalise un chiffre d'affaires de 240 millions de francs en 1996. Ses activités sont principalement l'impression et le façonnage de livres (60 millions de volumes par an avec l'objectif d'atteindre rapidement 70 millions) pour la plupart des éditeurs français et pour certains éditeurs hollandais, anglais ou allemands (Vexport représente 16 % du chiffre d'affaires). L'entreprise continue son développement sur le marché des périodiques, des catalogues publicitaires et industriels, de laVPC et du conditionnement. Pour assurer la qualité elle contrôle et analyse dans son laboratoire toutes les matières premières : papiers, encres, colles.

Aubin Imprimeur propose également de nouveaux services. L'expertise dans la conception et la mise en forme d'un ouvrage, d'un document, d'une base de données à l'usage de consultation électronique. Son entité Euronumérique réalise des produits d'édition électronique pour le secteur public et tertiaire (transformation de fichiers PAO en données électroniques), l'industrie (développement de bases de données interactives avec des logiciels multicritères/multiproduits), le tourisme et le grand public (application multimédia communicante d'aide à la décision, connectée par Internet ou Minitel à un serveur central).

Cette imprimerie de 400 personnes qui a obtenu, en 1994, le Cadrat d'Or pour l'excellence de l'ensemble de ses travaux consacre 5 % de sa masse salariale à la formation de son personnel. Son challenge est d'augmenter de façon significative le chiffre d' affaire à l'export, grace à une cellule créée en 1992, composée de 5 personnes trilingues.Elle a engagé une procédure de certification qualifiée qui devrait aboutir en 1998.

 

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